29 Novembre 2013
Les dissensions se font fortes à la droite de l'hémicycle départemental. La question de savoir s'il existe encore une majorité apparaît pertinente, alors que les débats ont pris une tournure inattendue lors de la session du Conseil général du vendredi 22 novembre dernier.
Premier élément de réponse : alors que la séance n'était prévue pour ne durer qu'une heure, ce sont trois heures de débats qui ont eu lieu.
Ensuite, c'est l'ensemble de la 5e commission, chargée de la culture, de la jeunesse et des sports, majorité et opposition comprise, qui avait rejeté une délibération quelques jours avant concernant la restauration de la Maison Colette, au vu du montant de la subvention demandée (200 000 euros), et d'un projet relativement obscur... qui n'aura été éclairé que lors de la session.
Sans doute y avait-il eu fort à faire pour ramener les brebis égarées dans le troupeau pour obtenir d'eux qu'ils soutiennent cette délibération lors de la session.
Interpellé sur son revirement soudain à ce sujet, le président de la 5e commission passé de l'opposition à l'assentiment silencieux éconduit l'importun en rappelant que seuls les imbéciles ne changeaient pas d'avis. Si la maxime populaire n'est assurément pas fausse, sans doute peut-il être ajouté que les girouettes également aiment à suivre le vent !
Mais cette séance devait révéler une autre surprise, et de taille, puisque c'est sur un autre rapport qu'apparut le point d'achoppement... et la totale perte de contrôle du Président tant à l'égard de son propre président de la commission des finances comme du reste de sa majorité.
La cause était due à un rapport au final bien anodin et dont le montant en jeu ne constituait, pour l'Yonne, que le dixième de la précédente subvention votée, elle, comme un seul homme.
Etait ainsi proposé de procéder à l'étude du rapprochement entre le laboratoire d'analyse
départemental et celui de la Côte d'Or. Jusqu'alors et en dépit de précédentes discussions sur la possibilité d'une union, les Présidents du 89 et du 21, pourtant politiquement proches ainsi que le relevait avec ironie un membre de la majorité, n'étaient jamais parvenus au mariage.
L'intérêt de ce rapprochement serait de mutualiser ces deux structures afin d'en diminuer les coûts, dans un contexte où ceux-ci sont tous deux déficitaires et, s'agissant de l'Yonne, depuis plus de 15 ans.
Au moment où chacun semblait sur le point d'adopter cette proposition, le président de la
commission des finances, Alain Drouhin, posa la question qui allait réveiller les vieux démons des parangons du « tout concurrentiel ».
Ce rapprochement entre les laboratoires d'analyse du 21 et du 89 permettrait-il vraiment de rétablir la situation financière ?
La question était loin d'être innocente et bien vite, la question du rapprochement vira au
référendum : « pour ou contre la fermeture de l'IDEA ».
Le président de la 6e commission, en charge de la question, convint de ses doutes.
Ce fut ensuite Pierre Bordier, clamant « Cela suffit ! », et appelant l'assemblée à prendre une fois pour toutes ses responsabilités. Entendez, bien entendu, la responsabilité de fermer le laboratoire départemental.
François Boucher poussa à son tour la chansonnette, suivi par d'autres.
Notre groupe interpella la majorité sur le devenir des agents du laboratoire dans l'hypothèse d'une fermeture, et appela à la prudence face à un secteur privé prompt à diminuer ses prix en situation de concurrence... et à se goinfrer en situation de monopole.
Pendant ce temps, c'était un Président fort décontenancé, qui, tentant de ramener sa majorité à la raison, rappela qu'il voterait bien évidemment en faveur de ce rapport et qu'il ne s'agissait que d'étudier le rapprochement des laboratoires départementaux... et non d'en décider la fermeture.
La question initiale nous paraissant oubliée, notre groupe sollicita quelques minutes de suspension de séance au terme desquelles, de retour dans la salle, nous n'y retrouvâmes qu'un silence religieux.
Force est de constater que les divergences de la majorité avait contraint le Président à inviter ses troupes à discuter de l'avenir du convalescent... en famille et à l'abri des regards et oreilles indiscrètes ! Et de fait, ce sont vingt bonnes minutes qui furent nécessaires pour n'aboutir... qu'au retrait du rapport.
Alain Drouhin a-t-il aussi peu de reconnaissance envers le Président Villiers pour l'avoir sauvé in extremis du sulfureux épisode Domanys, qu'il lui glisse désormais des peaux de banane pour le faire trébucher ?
Maladresse... ou dérapage volontaire ?