25 Avril 2013
Le principal bailleur social du département est aujourd'hui réduit à l'inaction, paralysé par un niveau d'endettement conséquent (31 millions d'euros).
Lorsqu'il avait fallu voter les crédits nécessaires, notre groupe avait considéré que le sauvetage du bras armé du Conseil Général dans le domaine du logement social constituait sa priorité, avait pris le parti de ne pas « tirer à boulet rouge » sur la majorité départementale, malgré sa responsabilité indéniable dans cette situation.
Les propos tenus par l'un des principaux responsables de Domanys (en l'occurrence, le Président du Conseil d'administration) dans l'Yonne Républicaine récemment, dénotent d'une inconséquence voire d'une négligence totale.
En effet, interviewé par ce journal, le Président du Conseil d’Administration de Domanys, Alain Drouhin, a dit assumer la « responsabilité collective » de la situation du principal bailleur social de l’Yonne.
Le Président, par ailleurs responsable politique au sein de la majorité départementale au Conseil Général, confiait ainsi que « l’erreur a été d’acheter trop de foncier en même temps pour accélérer les constructions ». Dont acte.
L'alerte donnée par le rapport de la MIILOS : oublié
Un rapport de la Mission interministérielle d'inspection du logement social (MIILOS) affirmait pourtant, dès 2007, que la politique de développement de Domanys était trop ambitieuse au regard des fonds propres de l'office.
Ce qu'admet aujourd'hui Alain Drouhin.
Pourtant, quelles suites avaient été réservées à ce rapport ? Aucune : il a purement et simplement été « oublié » (dixit le Président du Conseil d'administration) !
D'une « unanimité » du CA à une « quasi-unanimité »
S'il ne s'agissait que de cela. Mais à ces troubles de la mémoire s'ajoute une surdité regrettable.
En effet, suite aux propos du Président Drouhin, l’ancien représentant de la CAF de l’Yonne au Conseil d’administration, Bernard Buffaut, est intervenu pour apporter une rectification de taille, dans les colonnes de l'Yonne Républicaine :
non, les délibérations du CA n’ont pas toutes été prises à l’unanimité ;
oui, des alertes ont été données sur la politique suivie par Domanys.
Bernard Buffaut assure en effet avoir prévenu que cette politique était « suicidaire » ! Que n'a-t-il été entendu !
Le Président Drouhin expliquera, suite à cette rectification (de taille!) que « très souvent, les décisions ont été prises à la quasi-unanimité » et ne pas souhaiter entrer dans des polémiques « stériles et sans intérêt ».
L'objet d'une « polémique stérile et sans intérêt » : 31 millions d'euros.
Pour quels motifs tant la MIILOS que Bernard Buffaut n’ont-ils pas été entendus ?
Contrairement à ce qui a été dit, il ne s'agit pas d'une polémique. Et la question n'est pas stérile et sans intérêt compte tenu des montants en jeu. La gravité des aveux du Président Drouhin, l'oubli d'un rapport d'une mission interministérielle, la non prise en compte délibérée des alarmes émises par certains membres du Conseil d'administration, dépasse le cadre de la polémique.
Il s'agit au contraire de déterminer les responsabilités précises qui ont conduit à paralyser Domanys pour des années et qui aboutissent à grever les finances du département, contraint d'intervenir pour éviter la disparition du bailleur social.
Au final, la question n'est pas de savoir si les responsables de cette situation parviennent à « redresser la barre », c'est plus que souhaitable et nécessaire. La question est de savoir comment et pourquoi on en est arrivé là.