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Ambition Citoyenne et Solidaire pour l'Yonne
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LE « TRES HAUT DEBIT » : CE N'EST PAS POUR DEMAIN DANS L'YONNE

Voici des mois que le très haut débit fait parler de lui alors que l'ensemble des départements français sont à la recherche du moindre centime pour financer ce chantier gigantesque, que l'on compare fréquemment à l'arrivée du téléphone, voire de l'électricité ou de l'eau courante.

 

Pourtant, qui se rend dans nombre de communes de l'Yonne ou d'autres départements ruraux sait que même le haut débit (de 2 à 30 megabits / seconde), malgré les annonces et les plans à répétition, reste souvent une chimère alors que le Conseil général se prononçait ce vendredi 26 septembre 2014 sur le financement de la première tranche des travaux liés au très haut débit.

 

 

1 – Le très haut débit, pourquoi ?

 

Ce vendredi, le Conseil général a donc retenus plusieurs choix financiers pour les années à venir afin d'apporter la fibre optique à domicile (également appelée « Fiber to the Homme » ou« FttH »). La fibre optique et le très haut débit, c'est bien. Mais concrètement, à quoi ça sert ?

 

Le problème des infrastructures en cuivre actuelles, c'est qu'elles offrent un débit dont la qualité décroît très rapidement à mesure que l'utilisateur s'éloigne du lieu d'émission du signal (le répartiteur ou le sous-répartiteur). Passer deux ou trois kilomètres, le signal s'écrase très rapidement.

 

Or, aujourd'hui, le nombre d'informations échangées s'accroît sans cesse ; les usages que les entreprises et les ménages font d'Internet sont de plus en plus exigeants et le seront de plus en plus à l'avenir. Télétravail, offre « triple-play » (téléphone, internet, télévision), jeux en ligne, télévision à la demande, télé-médecine...

 

C'est pourquoi l'Europe entière s'est lancée depuis quelques années dans des programmes visant à développer les infrastructures en fibre optique : cette technologie permet en effet d'offrir un signal dont la qualité reste la même sur de très longues distances tout en permettant d'accroître de façon exponentielle tant la quantité d'informations que la vitesse à laquelle elles sont échangées.

 

Il s'agit d'un domaine dans lequel les territoires sont déjà en concurrence, et le seront encore plus dans les décennies à venir. Le territoire qui resterait en marge de course au progrès technologique serait condamné, à terme, à péricliter alors que les populations comme les entreprises délaissent de plus en plus les territoires les moins bien dotés en services.

 

 

2 – Quels choix pour l'Yonne ?

 

Faire le choix de passer à côté du très haut débit, c'est donc faire une croix, à terme, sur le développement d'un territoire.

 

Pour autant, le revers de la médaille de la fibre optique, c'est son coût. Pour l'Yonne, le seul raccordement des quelques 71 000 foyers icaunais avait été chiffré, selon l'étude du Cabinet O'Malley Consulting, à 83 millions d'euros.

 

Afin de minimiser ce coût pour les finances publiques, l'Yonne, comme d'autres départements, a par conséquent fait le choix d'étudier concomitamment la « montée en débit » : cette technique permet d'accroître sur le réseau cuivre actuel, la qualité du débit offerte aux utilisateurs d'Internet.

 

Certes, les progrès technologiques (telle que le vDSL) permettent d'améliorer le débit de telle sorte que l'on peut parfois atteindre du très haut débit (officiellement défini comme étant supérieur à 30 Megabits / seconde). Mais seule les populations se trouvant à proximité du répartiteur en bénéficie. Ce qui revient, au final, à améliorer le débit des populations qui profitaient déjà d'une connexion de qualité.

 

Dès lors, la question de l'équité entre les territoires et, au sein d'un même territoires, entre zones bien desservies et zones mal desservies, se fait d'autant plus prégnante qu'il revient aux collectivités de pallier le refus des opérateurs privés d'équiper les territoires les moins rentables en fibre optique.

 

On nous fera certes remarquer qu'il revient aux acteurs publics et non aux acteurs privés d'assurer l'égalité de tous et que l'Etat s'est privé de son bras armé en privatisant France Telecom ainsi que l'ensemble du réseau cuivre.

 

En revanche, on peut légitimement reprocher à Orange de bénéficier aujourd'hui d'infrastructures payées par le contribuable lorsque l'entreprise était encore publique... infrastructures très rentables et dont elle profite aujourd'hui alors que l'entreprise ne remplit plus son rôle d'aménagement du territoire.

 

Cette forme de rente va en outre être confortée pendant plusieurs années encore par le choix retenu par le département de l'Yonne de privilégier la montée en débit sur plus d'une dizaine de milliers de lignes, montée en débit financée sur deniers publics.

 

 

3 – L'abandon des Icaunais les plus mal desservis

 

On l'a vu, la solution de la montée en débit retenue par le Département est donc inéquitable et bénéficiera donc en priorité à ceux qui dispose déjà d'un accès correct.

 

Il existe pourtant d'autres solutions qui pourraient être déployées à moindre coût pour les Icaunais les plus éloignés des infrastructures et donc, les plus mal desservis.

 

En effet, notre collègue Thierry Corniot expérimente actuellement, sur le territoire de la communauté de communes Seignelay-Brienon dont il est le président, un réseau hertzien mis en place par l'association PC Light (cliquer sur le lien pour vous rendre sur l'article qu'y a consacré AUXERRE TV). Il faut saluer le travail de cette association qui permet à de nombreux Icaunais de bénéficier d'un accès Internet de qualité pour un coût raisonnable.

 

Or, cette solution est refusée par la majorité de droite du Conseil général, sans que jamais elle ne s'en soit expliquée. Pourquoi ?

 

L'une des raisons avancées par le Vice-Président en charge de l'aménagement numérique, Guy Bourras, est que l'expérience a été tentée notamment en Puisaye avec « Numéo » et qui ne s'était guère avérée satisfaisante. Pourtant, les utilisateurs qui ont eu recours à l'association PC Light se disent très satisfaits.

 

Ah ! C'est sans doute parce que la droite ne veut pas qu'on « touche à sa campagne ». Elle veut sans doute la laisser en l'état...

 

 

4 – L'Yonne en retard

 

Au-delà, il faut noter que notre département prend de plus en plus de retard. Cette torpeur n'est pas qu'un sentiment : certes, ce vendredi, nous avons enfin ! voté les financements de la première tranche des travaux...

 

Mais, dans le même temps, alors qu'il y a plusieurs mois maintenant, on nous annonçait enfin la création prochaine de la structure destinée à regrouper départements et intercommunalités, voilà de nouveau que la délibération qui nous est proposée... n'apporte rien de nouveau.

 

Bref, à quelques mois du début des travaux, l'Yonne n'a toujours pas fait le choix de la forme de la structure destinée à s'atteler à la gouvernance du très haut débit.

 

Aujourd'hui, seul un quart des départements en France métropolitaine sont encore dans cette situation de n'avoir ni structure ni débuté de travaux. L'Yonne en fait partie. Espérons qu'elle ne regarde pas plus longtemps sur le quai alors que le train du progrès se met en marche.

 

 

 

 

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