6 Février 2014
S'il fallait qualifier le budget prévisionnel pour cette année 2014, sans aucun doute pourrait-on parler d'abandon et de reniement. C'est en tout cas en ces termes que nous avons condamné cet exercice dont le Président Villiers estimait qu'il démontrait en lui-même un « désir ardent de réussite ».
Donnons-lui en acte : s'il s'agit de terrasser un département déjà mis à mal par la crise, il est sur la bonne voie en ce qui concerne la réussite.
Alors que le Conseil général continue de payer l'affaire Domanys, avec le versement d'une somme d'un million d'euros, conformément à ce qui est prévu au plan rétablissement, voici un budget dont les 405 millions d'euros sont employés sans priorité.
L'investissement de notre collectivité reflue (59 millions d'euros contre 63 millions en 2013), à l'instar de la plupart des politiques que mène le Conseil général, qui voient leurs crédits diminuer.
Ainsi la culture se voit-elle fortement amputée avec un budget passant à 5 millions d'euros contre 6,7 millions d'euros en 2013, diminution qui doit être rapprochée récente liquidation de l'établissement public de coopération culturelle (EPCC).
Ainsi encore, l'aménagement du territoire qui affiche une diminution entre le budget 2013 et le budget 2014 de - 500 000 euros. L'éducation ? Moins 900 000 euros. L'environnement : - 300 000 euros ; l'intervention économique : - 300 000 euros ; l'aménagement rural : - 400 000 et le sport : - 200 000.
Des choix doivent être faits, voici une certitude alors que dans le même temps, les dépenses obligatoires du Conseil général augmentent - notamment dans le domaine social. Mais même dans une situation contrainte, il n'y a jamais une seule politique possible. Celle que le Président Villiers et sa majorité entendent mener ne donne guère à entr'apercevoir la réussite. Et comporte même des risques sérieux : ainsi la fermeture envisagée de l'IDEA dans les mois à venir (nous y consacrerons un article traitant du fond du dossier dans les jours à venir).
Les priorités ne sont pas définies et cela conduit à réduire et éparpiller nos moyens, tandis que les investissements d'avenir tel que le très haut débit, restent lointains et en tout cas, quasi-inexistants pour cette année.
L'exemple du tourisme est, à cet égard, parlant. Alors que nous débattions du développement touristique dans l'Yonne, l'un d'entre nous fit remarquer qu'il s'agissait d'une thématique étroitement liée au budget consacré à la culture... dont la baisse risquait d'être à la source d'une perte d'attractivité pour notre territoire.
Mais l'absence de volonté côtoie aussi, parfois, la volonté de nuire. Ainsi les communes qui mettent en œuvre les nouveaux rythmes scolaires dès cette année se verront-elles diminuer le montant de la subvention que le Conseil général leur consacrait jusqu'alors au titre des écoles multisports. Motif : l'aide financière que leur attribue l'Etat.
Avec ce budget 2014, le Président du Conseil général et la majorité envoie le signal de l'abandon des communes, et des familles icaunaises qui se voient de nouveau sollicitées par la reconduction de la tarification des transports scolaires.